jeudi 10 avril 2014

Quand nos murs avaient de l'allure


Une affiche de Charles Loupot pour les automobiles Philippossian vers 1920 et une nouveauté aux arts ménagers pour la femme moderne par Noël Fontanet en 1935.

Cette ville n'a pas toujours été l'éteignoir qu'elle est aujourd'hui. Ses artisans d'art, ses architectes et ses graphistes ont conçu des objets, des immeubles et des affiches marqués du dynamisme et de l'esthétique initiés par les avant-gardes en Allemagne, en France ou en Italie dans les premières décennies du XXe siècle.
Les causes de l'engourdissement genevois ? Elles sont diverses. Trop d'argent mal employé, le système de repasse-plats au cœur de notre république bananière qui bloque toute aventure, des cadres culturels paresseux assis sur leur statut de fonctionnaire, la disparition d'une vraie critique artistique dans les médias, etc. Aujourd'hui, ce sont les villes moyennes de Suisse romande qui proposent l'offre artistique la plus originale. Pour voir et entendre des productions pertinentes, il faut aller à Lausanne, Yverdon, Neuchâtel ou La-Chaux-de-Fonds. Ce problème excède largement pour15minutes mais la question est récurrente chez les anciens acteurs de la vie artistique locale. Entre deux commémorations, on en parle mais on se sent désemparés. Où est la relève ? Que font les trentenaires ? Une réponse:
Nous vivons dans une société urbaine encombrée de "petits lascars malins" (les plus retors des jeunes filles* modernes) qui passent leur vie à s'infiltrer partout, issus généralement du Web, de la finance et de la com', ils vont en costards sans cravate, ont du gel dans les cheveux et une barbe de trois jours. Ils affichent en toutes circonstances un cynisme tranquille consistant à la fois à faire le maximum d'argent et le plus vite possible et à professer toutes les idées bien-pensantes du moment qui leur servent de pochettes de soie.

Olivier Bardolle, La vie des jeunes filles, l'Editeur.

* Aujourd'hui, les homme de 30 ans sont des jeunes filles comme les autres.

(Source: Bibliothèque de Genève via la Tribune de Genève)

2 commentaires:

debout a dit…

Je ne sais pour les trentenaires genevoix (?) mais pour les trentenaires made in France, puisque je les ai là, en plein dans ma ligne de mire, je peux vous le dire "ce qu'ils font", ils réchauffent les plats, plantés là, doucement fébriles, juste en amont des repasse-plats, encartés jusqu'aux yeux, béats, votant et "rotant dans leur mangeoire" (pour ne citer que Léo Ferré).
Punk is really really dead.

René Claude a dit…

Dans votre ligne de mire... N'appuyez pas sur la gâchette !
"Le désir, qui est une tension, est anxiogène, de même que la littérature, qui dit le vrai, est anxiogène" constate Bardolle dans son essai "La littérature à vif". Si on élargit, on peut dire que l'art transcendantal est aussi anxiogène, d'où le succès de l'art post-conceptuel car il ne provoque aucune émotion et peut donc être consommé par les trentenaires entre deux séminaires sur les stratégies du web ou les opérations boursières.