dimanche 17 février 2013

Préaux



Au début du doc' Searching For Sugar Man, la chanson Crucify Your Mind est bien amenée juste après qu'un producteur de l'âge d'or de Detroit ait rappelé l'espoir que lui et ses collègues aux fines esgourdes avaient mis en celui qu'ils croyaient capable un jour de tutoyer Dylan, Tim Hardin et autres pointures. Avec ce genre de chanson, Sixto Rodriguez aurait du jouer dans la cour des grands du songwriting, oui mais voilà... Le Réel, encore. Le doc' est bien ficelé, très pro. Les principaux protagonistes de la non carrière de Sixto ont été retrouvés après une enquête au long cours. Tous parlent d'un talent immense gâché. Ses chansons n'ont pas mordu sur la frange pop-folk engagée du public anglo-saxon, malgré des lancements conséquents des deux côtés de l'Atlantique. Pour éclairer ce loupé artistique, humain et financier, il n'existe pas une seule explication satisfaisante. Plusieurs facteurs - en sus de Miss la Chance alors en congé illimité pour Sixto -, ont contribué à l'échec total des deux albums, partout sauf chez les jeunes libéraux d'Afrique du Sud au temps de l'apartheid qui les écoutaient tels les poèmes d'un sage, d'un prophète même selon l'expression de l'un des ses producteurs aujourd'hui encore affligé devant ce ratage. Là-bas, Sixto Rodriguez est un mythe qui a vendu plusieurs centaines de milliers de disques, de k7 et de rééditions CD.

Photo: Fred Herzog

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