dimanche, 3 février 2013

Avec le temps



Avec l'âge, je sais qu'un égoïsme bien tempéré est le seul garant d'un rapport aux proches et aux amis décent et honnête. J'ai appris à me méfier de l'altruisme bêlant de ceux qui, voulant mon bonheur à tout prix, ont provoqué les dérives que l'on sait depuis 40 ans: suppression des genres, discrimination positive avec ses nouvelles injustices, forcément, népotisme masqué - on refile les bonnes places aux petits copains politiques fussent-ils d'une incompétence crasse -, pacifisme irresponsable, ghettos communautaristes, autocensure permanente, grilles de lectures post-gauchistes dévaluées par le Réel, procès idéologiques abjects intentés aux artistes qui refusent les diktats de la médiacratie au pouvoir et des commissaires à l'art content pour rien, mensonges et dissimulations au nom du Bien, réécriture de l'histoire en fonction de lectures partisanes, confusion volontaire entre mémoire et histoire, etc.
Au soft goulag glaçant des donneurs de leçons et des mutins de Panurge indignés à sens unique, je préférerai toujours un monde imparfait mais VIVANT. Pour me détendre ? Je m'immerge dans un bain de soul music et je mets le blog en vacances. A plus loin. Je vous embrasse.

PS: Quand je rédige un coup de gueule comme celui-là, il faut toujours avoir en tête que je le fais depuis une ville qui dispose de plus 280 millions de francs (suisses) par an pour la création et la diffusion culturelles, une enveloppe juteuse qui suscite des vocations chez les plus tocards des artistes contents pour rien et qui place Genève largement en tête des villes au monde dotées de la plus forte somme pour la culture par habitant. A titre comparatif, le canton de Vaud voisin ne dispose "que" de 50 millions pour un exercice annuel bien plus satisfaisant lorsque l'on compare la diversité et la qualité de l'offre artistique des deux entités.

Photo: Normandie sur la plage d'Omaha en 1947 par David Seymour

6 commentaires:

Ånastase Petitpas a dit…

Bravo !
Et merci, encore une fois.

debout a dit…

Bonjour,
histoire de tenir le coup, de vous remonter le moral (et il n'est nullement question ici de vous changer les idées, au contraire, gardez les !)je vous propose ces deux petits remontants sonores :

http://www.youtube.com/watch?v=qn2tT8Z5cno

http://www.youtube.com/watch?v=ZYooZ6vjkzU

René Claude a dit…

Le moral va plutôt bien; le problème est que j'aimerais en profiter un peu avant d'être trop vieux. ;) Les 90% de ce qui est diffusé dans la presse écrite, sur le web, à la télé, au cinéma et dans le poste sont interchangeables. Ça suinte le mensonge frileux, la démagogie repasse-plat, le copinage incestueux et la culpabilisation générale. (des tombereaux de cendres sur la tête des peuples au nom du peuple !) Les sociologues et autres observateurs parlent aussi d'une dépression philosophique... qui les arrange bien puisqu'elle leur permet de nous vendre leurs salades sans gêne puisque tous les opposants sont écartés après avoir été dénoncés par les collabos et les idiots utiles. Plus un pas ou un pet de travers: l'insolence vraie, la singularité qui séduit, le droit de ne pas croire à l'horripilant "on est tous frères et ragngagna" sont interdits d'antenne, de colonnes, de studio. Il n'y a plus de diversité. Elle a été remplacée par cette novlangue social-démocrate aplatie devant l'euro-bonheur bruxellois. D'où le résumé des sujets d'énervement dans le blog. Un coup de gueule fait du bien.
J'aime bien The Skins et leur funk-rock sans complexe. Vais écouter The Computers.

:) a dit…

Excellent... et pas seulement dans la forme !

Paleblueyes a dit…

dans mes bras !!!!!! (enfin ...virtuels les bras) CLAP CLAP CLAP surtout !

René Claude a dit…

Je profite des vacances du blog pour commencer deux livres en attente:
- "La tristesse durera toujours" de Yves Charnet , La Table Ronde. Pour son beau titre.
- "La France Orange mécanique", Ring éditions. Un document implacable et imparable, fruit de l'enquête indépendante menée en profondeur par Laurent Obertone dans un pays où en 2013 on peut mourir pour un simple regard. Un grand livre terrible. Mais ceux qui devraient le lire pour en parler et réagir - magistrats, flics et surtout journalistes - l'ouvriront-ils ? J'ai un doute...