mardi, 31 mars 2009

Moteurs & Propaganda par Yves Arnold



La Tribune de Genève narrait l'autre jour l'histoire de la marque Audi, oubliant au passage quelques documents à l'ambiance festive comme le cliché ci-dessus. Et pendant qu'on y est, quelques Mercedes pour faire bonne mesure...



Take a break...


A bientôt

lundi, 30 mars 2009

Ceux qu'on relit: Roger Vailland


Comment en suis-je arrivé à déposer cette photo de Roger Vailland (1907-1965) dans le blog... ? Voilà: en tentant de (re)mettre un peu d'ordre dans ma bibliothèque, au rayon bios d'écrivains j'ai ressorti celle, superbe et quasi exhaustive, consacrée par Yves Courrière au romancier engagé-dégagé, à ce libertin au regard froid qui fut enterré sous la bannière des libres penseurs après avoir été surréaliste, communiste militant, journaliste-reporter de guerre, poète, drogué, résistant, prix Goncourt pour La Loi en '57, scénariste, dissident, humaniste pessimiste, aventurier... Avec son roman de guerre Drôle de jeu publié en 1945, il secoua le mythe des résistants en les décrivant comme des hommes et des femmes qui se défoncent au whisky parachuté et à l'héroïne pour combattre l'ennui des interminables heures d'attente et aussi tenter d'oublier qu'ils passent le nouvel an tout seuls dans un appartement loué sous un faux nom dans leur pays occupé. Drôle de jeu est avec La Loi un des meilleurs livres de Vailland, un de ces romans qu'on peut dévorer en 2009 sans bailler ni sourire. Je reviendrai sur cet homme qui bouscula toutes les catégories.
Photos: Vailland au volant par Marc Garanger et ci-dessous la villa Malaparte à Capri où Roger Vailland fut invité par son ami Curzio en 1950.

Ceux qu'on a envie de voir: Le style international





En-haut: Jacobus Johannes Pieter Oud, maisons ouvrières à Hoek van Holland, 1924-1927.
Au milieu: Marcel Breuer, Alfred et Emil Roth, immeubles à Doldertal dans le canton de Zürich (Suisse), 1934-1936.
En-bas: Le Corbusier, maison du lotissement Weissenhof, Stuttgart, 1927.
Ces trois constructions enthousiasmantes figurent dans le livre de Hasan-Uddin Khan édité par Taschen, Le Style international - Le modernisme dans l'architecture de 1925 à 1965 remarquablement illustré avec une version française et à un prix véritablement démocratique comme toujours chez cet éditeur.

Nice boys don't play rock'n'roll: The Carpettes




Il m'arrive encore de mettre sur la platine l'album Frustration Paradise des Carpettes sorti en '79 et qui nous a aidés à brûler quelques nuits. Généralement le DJ le jouait entre Dr Feelgood et The Vibrators dans les séries punk-jerk. Et même si ça a un peu vieilli, - faut être lucide - il reste l'écho d'une urgence. Le groupe d'un album comme il y en eut des centaines entre 1977 et 1982. The Jam avait suscité un nouvel engouement pour la formule power-pop à trois. En Suisse aussi, on a eu notre trio mais je n'arrive pas à retrouver son nom... (?)

Retour vers le futur: The Only Ones




Pourquoi le band de Peter Perrett n'est pas devenu énorme à la fin des 70's ? Trop d'égos en bataille, trop de poudres blanches, trop tôt... ? Reste un grand album de rock, le premier The Only Ones sorti en 1978, trait d'union entre Syd Barrett et les Buzzcocks - qui contient Another Girl, Another Planet, ce hit pop-punk insolent et si beau.

La pochette de la semaine




Un total look intéressant pour une soirée twist...
Pour aller avec: The Ventures live au Japon en '66.

8-bit par Yves Arnold


Ce billet est destiné aux musiciens de bal - généralement un type avec un orgue en plastique à tout faire - ou à ceux qui veulent épater leur famille le jour de Noël ou lors d'un karaoké: il suffit de "downloader" le "midi file" d'un morceau et l'orgue le joue tout seul. Et plus l'instrument est pitoyable, plus c'est amusant. Voici donc deux classiques, un faux et un vrai, "Rehab" et "Don't fear the Reaper", et deux génériques, ceux de "Halo" et "Mission impossible".

p.s.: la photo ci-dessus qui accompagne le morceau de Blue Öyster Cult n'est pas celle du groupe, elle est tirée d'une inénarrable parodie dans laquelle Christopher Walken jouait le rôle d'un producteur cinglé réclamant constamment plus de "cowbell". Si drôle que ça a littéralement tué le groupe et le magnifique morceau avec...


dimanche, 29 mars 2009

Tout est sous contrôle





Une précision:
Pour15minutes n'est pas un blog complotiste. Le jeune homme en haut concourt pour notre grand jeu total look calida. Un candidat sérieux. Le photogramme est tiré de Teenagers From Outer Space. Le trailer ? Ça tourne...
Comme le rappelle l'article de nanarland.com, ce film est un objet de vénération pour les adeptes du culte à Tom Graeff, son réalisateur, quelque part entre l'amateurisme passionné d'un Ed Wood et la maîtrise budgétaire d’un Roger Corman.
L'article

Dead and Lost Places: trompe-l'œil






Leo Fabrizio est lui aussi fasciné par les bunkers, les installations et les leurres militaires abandonnés.
Source: le site du photographe
Ci-dessous: un bâtiment du réduit alpin transformé en hôtel ("La Claustra"): une installation réellement post-moderne. On monterait volontiers boire un coquetèle et voir si le décor tient ses promesses...

Retour vers le futur: la Mob'



Juste avant et pendant la Seconde guerre mondiale: Fermé pour cause de service actif, ici: la pose d'une dent toblerone anti-chars. Deux clichés du reporter suisse Theo Frey.

Dimanche au Zoo...




... Avec les Exciters qui ont aussi fait ce fabuleux scopitone dont la 60ème seconde paraît franchement ultime: le dynamisme des filles et l'effacement du seul membre masculin du groupe est assez intéressant si l'on se réfère aux paroles - he's got the power - de la chanson, qui est une ode à la dévotion amoureuse illimitée...
Yves Arnold

samedi, 28 mars 2009

Belle (de) nuit




Belle nuit...

Just For Fun: à en perdre la tête !





En 1963, Mario Bava réalisait Black Sabbath/Tre Volti della Paura/Les trois visages de la peur avec Boris Karloff et Michèle Mercier. J'ai pensé que le trailer pourrait vous plaire... A l'origine c'était un film à sketches d'après Tolstoï, Maupassant et Tchékov co-signés par Salvatore Bilitteri qui mettent en scène une situation horrifique.
Le téléphone: Rosy passe une nuit particulièrement éprouvante, harcelée au téléphone par un inconnu lui annonçant sa propre mort...
Les Wurdalaks : un vampire prend les traits d'une femme pour hanter la campagne slave.
La goutte d'eau : Miss Chester n'aurait peut-être pas dû voler la bague de l'une de ses patientes récemment décédée...

Source: www.dvdrama.com
Dans certains pays, le film a été tronçonné pour être remonté.

Retour vers le futur: Doo-Wop




Pour entrer dans le monde merveilleux du doo-wop:
The Versatiles, The Diamonds, The Cookies, The Regals, The Crescendos, The Bobbettes, The Cardinals, The Penguins, The Sh-Booms, The Romeos et The Pearls figurent sur les deux faces de cette réjouissante réédition vinyl made in Japan dénichée chez Stigmate Records à Genève. (3, rue de la Servette, juste à côté de la gare.)

La pochette de la semaine





Pour aller avec, retrouvons The Velvelettes dans d'improbables robes 80's que l'état de la bande n'arrange pas...

(cliquer sur les pochettes pour les agrandir)

En import....




1939 ! En regardant cet extrait du Big Apple Contest vieux de 70 ans, on est bien obligé d'admettre qu'ici le rock'n'roll et la pop music seront toujours une culture d'importation malgré les talents, les applications quotidiennes de la méthode coué*, les subventions, les sponsors, les thèses universitaires et le total look rebelle en panoplie à décrocher. Ça ne signifie pas qu'on ne peut pas jouer de bon rock ici, ne me faites pas dire ce que je ne pense pas, hein, mais ça sera toujours un truc en import, un second choix parce qu'il lui manquera tout ce qui a fait son pouvoir d'attraction et de transcendance justement: le MILIEU socio-culturel d'où il est issu et auquel il peut se référer en permanence - et même modifier - à Chicago, Boston, Kingston, Liverpool ou Glasgow. Il suffit d'en être conscient et ne pas se leurrer sinon on risque de donner dans la caricature. Plus inquiétante est la disparition d'une chanson européenne de qualité remplacée par un folk-rock mou du genou. Là, on est en train de perdre - et on a sans doute déjà perdu - un pan entier de notre culture continentale.**

* Devant la glace chaque matin: "Qu'est-ce que je suis rock ! Qu'est-ce que je suis roots ! Qu'est-ce que je suis rock !..."
** Kraftwerk reste une exception remarquable qui ont su poser les bases d'une électro-pop originale ET continentale, mais ils sont bien isolés...

© Corbis

vendredi, 27 mars 2009

Retour vers le futur: The Chiffons




Dans le juke-box Pour15minutes une version élégante du hit rendu célèbre par Little Eva: The Locomotion par The Chiffons.
Yves:
"Locomotion"... rendu célèbre par Little Eva: dans la mesure où elle l'a chanté, contribué à l'élaboration de sa mélodie, inventé la dance qui allait avec et trouvé le titre, il ne serait pas injuste de dire "Locomotion" DE Little Eva. D'autant plus qu'elle n'a évidement pas touché un seul cent sur ce morceau pourtant vendu à plusieurs dizaines de millions d'exemplaire. "Little" Eva Boyd avait été à l'origine engagée comme baby sitter par Carole King et son mari Jerry Goffin, sur recommandation de ses cousines les Cookies, choristes les plus demandées de leur époque. Little Eva avait improvisé une danse en écoutant Carole King chercher quelque chose au piano. Une démo fut enregistrée avec les Cookies. Le son de celle-ci devait se révèler si prodigieux qu'il fut impossible de le reproduire en studio. C'est donc la démo qui devint un hit et qui reste jusqu'à aujourd'hui l'un des meilleurs enregistrement qu'on ait jamais entendu. Eva Boyd a enregistré un bon nombre de morceaux aussi fantastiques que peu connus. Elle avait émigré en Caroline du Nord - à deux pas de Bob Moog ! - et était devenue cuisinière dans une "Soulfood"...
Ah ! On est peu de chose. Bon, reste maintenant à dénicher une chanson par les Cookies...

Photo: un mariage à Harlem/NY en 1962.
Source

One... Two... One-Two... Test... One... Two...




Merci Oktay !

Quand nos murs avaient de l'allure




Je vous ai déjà dit l'affliction esthétique ressentie chaque fois que je passe devant des panneaux d'affichage à Genève. Dans la pub comme dans l'art content pour rien, ça s'est sérieusement gâté au début des 80's quand argent facile rimait avec vulgarité et que n'importe quel barbouilleur-installateur relooké Comme des glaçons et ne sachant SURTOUT PAS DESSINER pouvait prétendre au statu d'artiste d'Etat. Face à la lâcheté d'une critique totalement à la botte des milieux comptant pour rien en circuits fermés, les médiocres se sont lâchés. Ils auraient eu tort de se gêner, les institutions, les associatifs et les clients des boîtes de pub' redemandaient de la laideur branchouille. Le vraiment très moche-nul-à-chier façon 80's peut être drôle en suppositoire de concentré dada et à condition de savoir ce qu'on fait; mais aujourd'hui même pas/plus, aujourd'hui on a juste la paupière un peu plus morne au bout d'une rangée de 10-12 affiches. Rien n'attire ni ne repousse, c'est juste ennuyeux et l'ennui est artistiquement un crime majeur qui mériterait perpèt' avec une peine de sûreté de 15 ans au moins (= Pas le droit de toucher un crayon ! ;) Il y a eu quelques trop rares exceptions comme les affiches de Ever Meulen... (Twist & Scooter) et les commandes électorales et associatives passées à des dessinateurs de BD*.

* On des dessinateurs de mickés talentueux à Calvingrad (BD et illustrations) et dans une ville "normale" - sachant mettre en avant ses talents graphiques -, on devrait voir leurs travaux un peu partout. Ils sont où ?

Source: Galerie Un, deux, trois

Just For Fun



Quand les couvertures avaient de la tenue...
Deux travaux de Robert McGinnis.

jeudi, 26 mars 2009

Retour vers le futur: Elvis et Nick




The King et le Caveman avec sa reprise du classique traditionnel Stagger Lee. Une version totalement habitée... Tension... Explosion... Tension... Il faut avoir assisté au moins une fois dans sa vie à un concert des Bad Seeds.

Atomic lovers



Yves Arnold: Questions pour un champignon...

(Cliquer pour agrandir)

mercredi, 25 mars 2009

Gym Tonic: la méthode à Henri




C'est la première apparition de Henri Salvador à l'écran dans Nous irons à Paris réalisé par Jean Boyer en 1949. Dans ce numéro, il chante et danse avec les Peters Sisters, un trio de poids avec lequel il fallait compter ! Ray Ventura tient la baguette à la tête de son orchestre alors très populaire parce qu'il savait swinguer. Trop souvent, on ne retient que le côté rigolo-amuseur public de Mister Salvador, oubliant qu'il fut l'un de ceux qui ont fait connaître le jazz, le boogie et le doo-wop au grand public en France, mais aussi en Belgique et en Suisse romande.
Source pochette

Ceux qui s'affichent: Paris, 1937



Le pavillon suisse et l'affiche pour l'exposition universelle de Paris, 1937.
Source affiche

Belle (de) nuit: Vinona prend de la hauteur...





Vinona ayant décidé de prendre de la hauteur pour réfléchir au sens de la vie et toutes ces sortes de choses (sic) pendant quelques temps, Pour15minutes se retrouve sans assistante de choc et de charme. Nous voilà bien ! On se consolera un peu avec Lone Justice et Maria McKee qui avait chipé sa robe dans la réserve des costumes du Facteur sonne toujours deux fois... Je me rappelle un entretien de Philippe Garnier avec elle durant lequel le correspondant permanent de Rock&Folk à L.A. se disait très ému par la poitrine - fort émouvante, c'est vrai - de Mlle McKee. Il essaya aussi pendant tout l'interviouve d'entraîner la chanteuse sur un terrain plus épicé... En vain.
Ils étaient pas manchots sur scène. Real country-funky-punky rock'n'roll ! Je ne comprends pas ce qui a grippé... Normalement, ils auraient du devenir "hénaurmes", mais non: ils enregistrent un premier opus très (trop ?) bon, enchaînent des concerts enthousiasmants et puis tout part en brouilles, couilles et quenouilles. Officiellement, le band n'aurait pas réussi à séduire son public - a good following comme on dit - entre country et rock, mouais.