
Comment en suis-je arrivé à déposer cette photo de Roger Vailland (1907-1965) dans le blog... ? Voilà: en tentant de (re)mettre un peu d'ordre dans ma bibliothèque, au rayon bios d'écrivains j'ai ressorti celle, superbe et quasi exhaustive, consacrée par Yves Courrière au romancier engagé-dégagé, à ce
libertin au regard froid qui fut enterré sous la bannière des libres penseurs après avoir été surréaliste, communiste militant, journaliste-reporter de guerre, poète, drogué, résistant, prix Goncourt pour
La Loi en '57, scénariste, dissident, humaniste pessimiste, aventurier... Avec son roman de guerre
Drôle de jeu publié en 1945, il secoua le mythe des résistants en les décrivant comme des hommes et des femmes qui se défoncent au whisky parachuté et à l'héroïne pour combattre l'ennui des interminables heures d'attente et aussi tenter d'oublier qu'ils passent le nouvel an tout seuls dans un appartement loué sous un faux nom dans leur pays occupé.
Drôle de jeu est avec
La Loi un des meilleurs livres de Vailland, un de ces romans qu'on peut dévorer en 2009 sans bailler ni sourire. Je reviendrai sur cet homme qui bouscula toutes les catégories.
Photos: Vailland au volant par Marc Garanger et ci-dessous la villa Malaparte à Capri où Roger Vailland fut invité par son ami Curzio en 1950.