
Aujourd'hui
Pour15minutes est en "service minimum". Pas de jus, plus de niaque. Que dalle ! Alors on s'inquiète, c'est normal, on a envie de demander au
camarade Hell: "Hola Man ! Quel "temps" il fait à NY en 2009 ?..."
J'ai retrouvé sur le site de
Laura Levine ce portrait de
Richard Hell que j'avais épinglé au-dessus du téléphone dans mon premier appartement. Je crois qu'il a été pris pour la couverture du NME.
A propos de vista rock'n'roll, la mouvance punk attira des filles qui en étaient pourvues avec le talent pour l'exprimer. C'était un phénomène nouveau, car jusqu'au milieu des années 70 le rock et la pop n'étaient pas couverts au féminin, ou si peu que j'ai de la peine à vous citer le nom d'une photographe. Elles étaient exclues de la chaîne de représentation qui va des locaux de répétition aux revues musicales. Avant 1977, il y avait des jeunes femmes qui s'aventuraient backstage, mais ça n'était pas pour tirer le portrait des musiciens... Le rock 70's avait besoin d'un bon coup de pied dans son gros derrière de macho prog' ! C'est alors que des filles bien décidées à ne pas être traitées en épancheuses de mélancolie sortirent du public. Elles voulaient figer ces moments excitants créés par les scènes éphémères qu'elles animaient
aussi*, n'hésitant pas à choper les petits mecs par les bijoux de famille pour leur expliquer la nouvelle donne. J'ai assisté à quelques échanges réjouissants où des filles photographes de gabarit poids plume à l'aise dans leur jupe de skaï ou leur corsaires 50's tenaient la dragée haute à de gros skins ahuris. Dans le sillage de Patti Smith, Siouxsie, Blondie puis dans celui des X, de Lene Lovich et du Gun Club, ces filles avec un objectif firent comme les copines avec leurs guitares: elles envoyèrent bouler complexes et timidité et apprirent à tirer des portraits et à shooter des sets avec autant de passion et d'énergie que les Slits mettaient à allumer les salles de concert. C'est ainsi que Theresa K. à L.A., Laura Levine à NY et d'autres à Londres, Berlin, Paris ou Genève couchèrent leurs années rock 77-82 sur du papier argentic.
* Je n'ai plus jamais retrouvé l'excitation créatrice qui nous secoua à la fin des 70's: concerts, labels, courts-métrages, fanzines, revues chic & destroy, squats organisés en bars rock, stylisme, BD, performances, disquaires "militants" et la radio, pirate puis corsaire. On avait le sentiment de pouvoir créer les cadres à désirs et à fantasmes individuels à l'intérieur d'une mouvance collective non coercitive mais solidaire. On réinventait nos codes visuels pour accompagner les exigence soniques. A Calvingrad, la prestation radicale de Siouxsie & The Banshees en direct à la TV chez Jo Excoffier fit sauter les dernières résistances. A deux mètres de nous sur le plateau de
La lucarne ovale, ces musiciens issus du punk avaient de la gueule, un look bluffant et l'envie d'en découdre qu'ils assénaient avec un rock étrange et minimal, médium d'un romantisme post-moderne qui ne nous effrayait pas, au contraire, car rien ne devait plus être comme avant...
Quand Ronnie Spector reprend Johnny Thunders.