

Moiteur... Torpeur... Sens exacerbés... Grandes rasades de cognac-soda pour les calmer et aussi oublier qu'une grenade lancée par un jeune nationaliste à vélo pouvait faire tout cesser d'un coup.
Saigon était l'insolente capitale de la Cochinchine au sud de l'actuel Vietnam. Haïe des chefs communistes du nord au nom d'une vertu révolutionnaire glaciale, elle grouillait d'"honorables correspondants" comme Graham Greene qui collectait le matériau de ses romans d'espionnage métaphysiques tout en faisant un peu l'espion pour sa Majesté. Dans les cercles, les bars, les salles de jeux et les fumeries se croisaient les gros planteurs, les trafiquants corses, les marchands chinois, les colonels "jaunis" et les administrateurs français dépressifs. Tout ce petit monde colonial et colonialiste se disputait les danses avec les plus belles taxi-girls d'Indochine, sous le regard des conseillers de l'empereur sans pouvoir Bao Daï qui répondait à l'humiliation politique infligée par Jean de Lattre de Tassigny, haut-commissaire et commandant en chef en Indochine, par de longues bouderies en smoking ou en tenue de golf à Dalat, sa capitale impériale historique.
Les deux guerres, une sélection des archives de Life.
© belleindochine.free.fr
5 commentaires:
Saisissante évocation de l'"Indo"
Bravo
Merci.
Chouette évocation synthétique de mon pays d'adoption au temps des Français.
Le + beau livre sur ce pays jamais écrit par un Français = "Cochinchine" de Leon Werth (http://vademecom.wordpress.com/2009/03/29/cochinchine-le-vietnam-au-coeur/).
Votre blog est très couture : tres élégant et très inspirant.
Puis je glaner qqes photos chez vous pour alimenter mon blog : http://currrzio.tumblr.com/ ?
CurrrziO (currrzio at gmail point com)
You're welcome.
RC
merci et on rend à César ce qui lui appartient (http://currrzio.tumblr.com/page/2)...
ps : petite proposition de rectif pour le post sur l'indochine française : l'ancienne capitale impériale du Việt Nam est la sublime Huế (et non Dalat, sympathique petite station climatique fondée par les pôôvres colons français qui étouffaient dans les plaines, et très prisée de Bao Dai qui venait fréquemment, en bonne compagnie, y oublier la réalité du moment...).
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