
Presse, radio, télévision ont à ce point perverti les mots qu'il est devenu aujourd'hui impossible à un Français qui parle encore sa langue maternelle d'entendre ce qu'on prétend lui dire... ou plus exactement lui « vendre ». Ce lexique s'adresse donc en priorité à l'honnête homme qui se noie dans le cloaque sémantique de notre époque: il y trouvera, s'il existe, le mot français correspondant au crétinisme en vigueur. Le crétin quant à lui - qu'on définit sommairement comme celui qui parle le crétin, et vice versa, laissant au lecteur le soin de trancher l'épineuse question de savoir si la bêtise détermine son langage -, qu'il soit journaliste, politique, saltimbanque ou écrivain, y puisera les révélations nécessaires à l'amendement qu'on lui souhaite. L'apprenti crétin enfin, n'aura qu'à utiliser ce vade-mecum à l'envers et s'emparer des mille barbarismes, solécismes, synonymes imaginaires, emprunts à l'anglais, mots détournés du jargon technique, pléonasmes et lapsus que nous avons épinglés, pour se constituer un très estimable vocabulaire et entrer dans la carrière des élites qui ne disent rien, sur ce ton d'inimitable arrogance qui fait tout leur charme. (4e de couverture)
En attendant de goûter à la gourmandise lexicale de Pierre Chalmin, on lira
cette brève recension. De son auteur, j'ai trouvé ces lignes en guise de CV sur le site de L'Editeur où il est également publié:
Né en 1968, Pierre Chalmin dit de son enfance qu’elle fut assommante, et qu’il vécut une adolescence révoltante. À la fin des années 1980, il échoue au concours d’entrée à l’école de la rue d’Ulm qu’il n’a pas préparé, entreprend de vagues études de droit et vit de petits métiers : nègre, sous-titreur, correcteur. En 1995 il devient éditeur en fondant Chalmin et Perrin, une maison dont la vie sera brève. Il est l’auteur d’un roman, Le petit crevé (Le Dilettante, 1995), d’un journal intime, Mauvaises fois (L’Âge d’Homme, 1999), de Napoléon Bonaparte en verve (Horay, 2002), d’un dictionnaire consacré à Marcel Aymé paru sous le titre L’Art d’Aymé (Le cherche midi, 2004), de Terre Humaine, une anthologie (Plon-Pocket-France Inter, 2005), et d’un recueil de nouvelles, Perdu en mer (Lorisse, 2007).
On ajoutera à la bibliographie son Dictionnaire des injures littéraires réédité au Livre de Poche.