Le scénariste et producteur associé Brian Clemens qui était à l'origine de la série - il en avait conçu le pilote - écrivit un épisode de transition entre Diana Rigg/Emma Peel et Linda Thorson/Tara King choisie parmi les deux cents actrices qui auditionnèrent pour le rôle. Son titre ? Ne m'oubliez pas tourné à la fin décembre 1967 et au tout début de 1968 alors que la saison VI était déjà en chantier. Un bon conseil: conservez toujours votre chapeau melon sur la tête en période de danger. Et gardez-vous des esprits diaboliques qui pourraient vous menacer. Au revoir, Steed furent les derniers mots de Emma à son partenaire.
Source: Chapeau melon et Bottes de cuir de Marcus Hearn aux éditions Huginn et Muninn.
En 2011, les studios Babelsberg implantés à 40 km de Berlin ont fêté un siècle de tournages. Alexander Lück et Daniel Finkernagel ont réalisé un doc' sur leur histoire glamour et mouvementée que l'on pourra voir ce soir à 22h10 s/Arte.
Note du 2 février:
Bien sûr, je n'attendais pas LE doc' définitif sur les studios Babelsberg (on l'aurait su), mais j'espérais tout de même quelque chose d'un peu plus consistant que ce survol insipide du lieu où furent tournés quelques uns des chefs-d'œuvre du cinéma au cours des périodes les plus dramatiques mais aussi les plus passionnantes de l'histoire contemporaine allemande. Comme de trop nombreux docs vus ces dernières années dans le cadre de mon job, cette production manque d'une colonne vertébrale pour soutenir un point de vue. C'est pourtant le genre de sujet qui invitait à une approche subjective, dommage.
Mlle Dorothée Blanck saisie par Raymond Cauchetier sur le plateau de Lola. (réal. Jacques Demy, 1961)
Qui êtes-vous Dorothée Blanck ? demandait Haydée Caillot en 1987. Quelques éléments de réponse:
Née en 1934 dans une prison allemande d'une mère juive polonaise et d'un père communiste allemand, tous deux internés pour une distribution de tracts, elle est placée dans diverses institutions jusqu'en 1936, date à laquelle elle est expédiée en Suisse. Libérée, sa mère la récupère dans son orphelinat helvétique avant d'aller rejoindre le camp des républicains en Espagne. Après la victoire de Franco, elles s'installent en France où elles sont hébergées par un pasteur jusqu'à la Libération. En 1948, Dorothée découvre les arts de la scène et est engagée dans un spectacle au Châtelet. On la verra dans French cancan tourné par Jean Renoir. (1952) C'est alors qu'Agnès Varda la repère...
Giorgia O'Keeffe, artiste motorisée par son ami le peintre Maurice Grosser en 1944. Comme le dit l'auteur du commentaire: It's an amazing image that celebrates denim, machine and the joy of open road.
Lottie 'The Body' Claiborne anima les nuits de Detroit durant les 60's comme exotic dancer. Elle ondulait sur le jazz lounge des Funk Brothers, ces fabuleux session men qui créèrent le son Motown en accompagnant les grandes voix du label. Certains soirs pour échapper à la pression du studio, ils partaient jammer jusqu'à l'aube dans les meilleurs clubs de Motor City.
Paul Justman leur a rendu un tardif mais sincère hommage avec son doc' bourré de soul Motown: la véritable histoire. Vers le film
Sur la photo du bas, Lottie danse avec T-Bone Walker.
(Merci à Olivier G.)
Je crois que notre complice Yaya a une secrète connivence* avec la délicieuse Elsa Martinelli qu'on retrouve en Belle Starr dans cet extrait choisi de Il mio corpo per un poker sorti en 1968.
* Oui aux connivences, au mystère, au secret qui nous ont tant fait fantasmer. Contre le diktat de la transparence à tout prix, cette obsession niveleuse imposée par les médias au nom d'un droit à l'information qui autorise les déballages les plus sordides.
Dans Ring, on peut lire une bonne nécrologie d'Etta par Gaël Giovannelli. Juste un petit bémol: et si on parlait d'eux vivants ? C'est dit. A part ça, la soul est le meilleur remède au spleen de ce début d'année.
Quand des objets quotidiens redeviennent par la vista du photographe des supports au fantasme et à la rêverie, l'art retrouve un peu de son pouvoir transcendantal. Même si la beauté ne suffit pas à remplir l'évidence post-moderne, elle offre à ses praticiens et aux spectateurs des points de repères d'où partiront un jour peut-être les fusées (éclairantes ?) contre la laideur cooptée dans l'art comptant pour rien.
Alexandra Stewart est Solange dans Le feu follet adapté à l'écran par Louis Malle.
En faisant d'Alain Leroy (Maurice Ronet) un alcoolique, Louis Malle et Roger Nimier - qui mourut sur la route pendant l'écriture du script - avaient eu le souci de rendre le personnage principal plus contemporain. On sait que le poète Jacques Rigaut dont la vie brève inspira directement son ami Drieu était morphinomane. Mais au début des années 60 en France, cette pratique toxique ne concernait plus qu'un nombre très réduit d'adeptes. Elle avait perdu la force dramatique qu'elle possédait durant les années 20 et 30.
Revoir Le feu follet , c'est aussi s'offrir une virée dans le Paris d'avant.
Chris Isaak a repris Crying Waiting Hoping du grand Buddy Holly sur l'album-hommage Listen To Me.
Le N° de février de Rock&Folkcontient une critique de cet album inégal mais qui aligne tout de même de jolies surprises. Toujours à propos de Buddy Holly, les musiciens de Mustang revendique son héritage dans une interviouve où le trio en route vers la gloire parle de sa découverte de la discographie de Buddy comme d'une révélation. Bonne pioche, les gars ! En lisant le sommaire, j'ai d'abord cru être victime d'un décrochage spatio-temporel "dickien". Visez un peu: Exclusif: Manzarek et Densmore racontent la fin des Doors, une enquête de Philippe Garnier quarante ans et des poussières après la sortie de "LA Woman" (... ) dans un Los Angeles englouti. Je ne rêvais pas, j'avais sous les yeux un papier serré de l'un des auteurs qui firent les grandes années du mensuel. Ajoutez un article sur le demi-siècle de carrière de Bob Dylan, un feuillet consacré aux clichés de Bruno Ducourant (Small Faces, Led Zep', Tina Turner), une réflexion sombre d'Eudeline sur l'état du rock et du monde (la rencontre Lou Reed/Metallica en est un des raccourcis inquiétants), la discothèque du peintre Combas et des nouvelles du front de la jeunesse sonique et vous aurez un aperçu du seul mag' rock/pop en français que j'achète chaque mois parce que ses plumes me parlent encore.
Ma compagne dit que c'est un peu le Elle des vieux rockers. Pas faux.
Quand Denise Glaser recevait Salvador Dali venu officiellement faire la promo de son disque L'Apothéose du dollar. Le maître parla de tout, sauf de son microsillon bien sûr.
Jean-Paul et Jean dans A Bout de souffle saisis par Raymond Cauchetier en 1959.
Les photographes et les photo-reporters de cette génération ont été marqués par les guerres coloniales françaises. Leur pratique du front a développé chez eux un sens de la débrouillardise propres aux baroudeurs qui leur permit d'accomplir des prouesses plus tard sur les tournages de cinéastes de la "nouvelle vague". On pense bien sûr au plus fameux d'entre eux: Raoul Coutard, le chef photo des meilleurs films de Jean-Luc Godard.
Au bout de ce lien on découvre un cliché de Pierre Schœndœrffer pris par Cauchetier à Diên Biên Phu en 1954.
En 1963, l'adaptation réussie du roman de Drieu Le Feu follet par Louis Malle sortait en salles. On pourra la (re)voir ce soir à 21h sur TV5 Monde.
Ce soir encore, Arte a programmé Les Tueurs de Robert Siodmak à 20h35, mais en VF c'est plutôt rédhibitoire*. Juste après, Hammett de Wim Wenders avec Frederic Forrest. A sa sortie en 1982, on y est allés en bande. Il faut dire qu'on découvrait l'univers du polar hard-boiled. Tout ce qui portait un imper et descendait du raide nous emballait. Pas revu depuis. Est-ce qu'il tient la route ? A constater dès 22h15.
* Après 10 minutes, j'ai arrêté. Ces vieilles versions françaises ne devraient plus être programmées, surtout en prime time. Un chef-d'œuvre peut être défiguré par une de ces éprouvantes versions ringardes doublées dans les années 40 et 50.